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Culture/région du sud
Category :- Culture & Society Author :- BERTIN BIDJA 
Posted on September 7, 2019, 10:03 am

 

José Bonaventure Edzoa, Délégué Régional des Arts et Culture du Sud, scande la dynamique culturelle de la région.

« La région du sud est un vivier de la culture camerounaise… »,

C’est l’une des expressions du nouveau patron de la délégation régionale des arts et culture du sud, recueillie lors d’un entretien avec l’équipe de la rédaction centrale de LeGideon, qui est allée à sa rencontre pour savoir l’actualité culturelle qui anime la région du sud. La quintessence de l’interview vous est présentée en intégralité avec toute la splendeur qui l’accompagne...

 

LEGIDEON : Monsieur le Délégué, la rédaction centrale de LeGideon est très honorée de cet entretien à lui accorder, dans l’optique de parcourir l’actualité culturelle et artistique du point de vue institutionnel qui anime la région du sud en ce moment. De façon précise, nous nous intéressons sur ce qui meuble l’agenda arts et culture de votre région.

MONSIEUR LE DELEGUE : je vous remercie déjà de l’intérêt que vous portez sur l’activité culturelle et artistique de la région du sud que j’ai ainsi l’honneur de conduire. Alors, en ce moment dans la région du Sud comme partout ailleurs dans les 10 régions du Cameroun, nous sommes dans une opération qu’on appelle l’inventaire du patrimoine culturel matériel et immatériel du Cameroun, notre pays. Il s’agit pour nous avec nos démembrements départementaux d’identifier tous les objets et éléments culturels, matériels et immatériels qu’on peut retrouver dans diverses parties de notre ressort territorial.Nous ici dans la région du sud il s’agit de quoi spécifiquement ? Quand vous observez un bien que vous pouvez estimer qu’il a une certaine valeur sur le plan culturel, vous l’identifier.C’est-à-direvous cherchez à connaitre le nom de ce bien matériel là, c’est ce qu’on appelle l’identification. Vous le localisez si possible à travers un GPS, pour qu’on sache exactement là où il se trouve sur l’étendue du territoire qu’on puisse le localiser avec un GPS même quand vous qui avez identifié le bien, si vous n’êtes pas là, qu’un autre visiteur puisse facilement parvenir à le retrouver avec les coordonnées GPS. Ainsi donc, vous devez présenter ce bien. Montrer quelle est la portée culturelle que ce bien a. Vous devez pouvoir s’il y a les témoignages autour, recueillir ces témoignages pour pouvoir en faire une présentation sommaire, c’est ce qu’on appelle effectivement l’identification d’un bien culturel.

Il faut donc savoir que les biens culturels matériels sont ces biens qu’on peut toucher (une roche, un rocher, une montagne, etc.) ; par contre, un bien immatériel c’est qu’on ne voit pas (un rite traditionnel et bien d’autres faits culturels). A titre d’exemple chez les Bulus en occurrence chez les Mvae par exemple, il y a une danse traditionnelle de ce peuple qu’on appelle le Ndzeng, qui consiste à mettre un grand poteau au milieu de la cour, sur lequel une danse va être exécutée par une tierce personne.Cela représente un bien immatériel, il y en a des centaines chez les Bulus de tels types de biens culturels immatériels. Il est donc question pour nos équipes y compris nous-mêmes, d’identifier tout ce qu’il y a comme patrimoine dans la région du sud. Nous avons jusqu’au 30 de ce mois d’août 2019, pour collecter ces informations et les transmettre à notre hiérarchie afin de faire un catalogue des biens culturels matériels et immatériels au Cameroun. Nous avons par exemple, l’arrêté du ministre BIDOUNG KPWAT qui a été signé le 8 février 2019, qui classait les biens culturels et naturels. Un classement qui ressort dans la région du sud, des biens comme les chutes de la Lobe, qui sont un paysage culturel, le parc national Campo, qui est un site naturel, qui est géré par le ministère des forêts et de la faune, la station missionnaire EPC de Foulassi, un lieu de mémoire. Et vous savez que c’est à Foulassi qu’on a écrit l’hymne national et composer la musique. Plus loin, nous avons le pont allemand de Lolodorfqui est une architecture coloniale ; voilà par exemple les biens matériels et naturels qui ont été inventoriés à une certaine époque. Je suppose donc qu’avec le travail que nous sommes en train de faire actuellement, cette liste va être enrichie par d’autres biens matériels et immatériels, c’est l’opération en cours en ce moment en dehors bien sûr de l’encadrement des festivals ; un exercice quotidien.C’est toutes les semaines qu’au sud, on a un festival ;  le festival EligAyong que nous venons de livrer ici même à Ebolowa à l’esplanade de la délégation régionale des arts et de la culture du sud, c’était du 23 au 25 août 2019.  Un festival des danses ancestrâles qui se vit dans une certaine diversité culturelle.

LEGIDEON : Les chefferies traditionnelles sont-elles comptées dans cette opération en cours ?

MONSIEUR LE DELEGUE : Bien sûr, les chefferies traditionnelles ont une très grande valeur culturelle ;les équipes en charge de cette activité vont identifier les chefferies qui ont une particularité ; en évoquant ce volet, je pense directement aux chefferies de l’Ouest Cameroun, je veux dire  l’Ouest et le Nord. Vous savez qu’en ce moment, à l’Ouest par exemple, presque toutes les chefferies sont en train de mettre en place des musées. En dehors des musées, les chefs vont jusqu’à construire des chambres, une espèce d’hôtel qui ne se voit pas quand vous regardez la vitrine. Vous voyez la chefferie avec son architecture de Grass Field et autre,  à l’intérieur, quand vous voulez passer la nuit, il y a tout un hôtel dans lequel vous êtes logés. Donc ces chefferies très organisées, retiennent toujours l’attention des équipes sur le terrain, et avec la plus grande conviction, vont certainement entrer dans le répertoire des biens qui sont catalogués à travers cette action de fond.

LEGIDEON : En parlant justement des biens, qu’en est-il de l’entretien du lac municipal d’Ebolowa sur le plan culturel ?

MONSIEUR LE DELEGUE : Bah écoutez, quand vous parlez d’entretien culturel, ne me demandez pas d’aller entretenir le lac, cela n’est pas de mon ressort. Nous le ministère des arts et de la culture, identifions les biens culturels, ressortons la richesse culturelle qui peut y avoir tout autour par la suite nous vendons cette richesse tel que cela devrait être fait. Le reste est du ressort pour les biens naturels du ministère du tourisme à des fins touristiques ou alors du ministère des forêts comme je l’ai illustré tout à l’heure avec la réserve de Campo-Ma’an entre Kribi et Campo. Maintenant, le lac municipal d’Ebolowa, j’en parle avec désolation, tout le monde voit, ce n’est pas une invention du délégué régional des arts et culture du Sud que je suis. Ce lac n’est pas entretenu, ce n’est pas le seul au Cameroun qui est dans cette situation. Je ne sais pas si la délégation départementale de la Mvila va l’identifier comme un bien culturel ; je dois même les y encourager. Donc on peut l’identifier comme un bien culturel. Il faudra par la suite ressortir ce qu’il ya comme problème pour que véritablement ce bien culturel puisse être bien exploité à des fins touristiques et c’est un travail qui peut être fait. Vous comme moi, et c’est pour cela que vous posez la question, ce n’est pas bien entretenu ce qui est bien dommage.

LEGIDEON : Quels sont les moyens qui accompagnent cette opération ?

MONSIEUR LE DELEGUE : Je vais d’abord situer cette opération dans son contexte ; l’inventaire général du patrimoine culturel avait commencé sur le plan national. C’est une opération commandée par le ministère qui a commencé dans la région du Sud et je crois dans la région de l’Adamaoua en 2016. Des équipes d’inventaire partent du ministère avec certains moyens (humains, financiers, logistiques et matériels) pour des descentes sur le terrain. Maintenant l’inventaire s’était arrêté, il a repris cette année dans le Nord voir l’Extrême-nord, qui s’est terminée la semaine passée dans ces deux régions que j’ai cité. Et là vraiment le ministre met des gros moyens à-propos. La preuve, pour lancer l’inventaire, il y était lui-même présent.

L’inventaire du patrimoine culturel est une opération courante. C’est une opération permanente, c’est-à-dire que, l’inventaire est difficile, il y a des choses qui sont cachées qu’on découvre au jour le jour, c’est pourquoi on dit que l’inventaire est une action permanente. Parlantdes moyens, nous utilisons les moyens que nous avons. Ici, le délégué régional des arts et de la culture que je suis, a 5 chefs de services régionaux, il y a les agents qui sont là, on les met en mission de temps en temps. Depuis 3 ans il y a les délégations départementales, malheureusement, les délégués départementaux n’ont pas de personnel, peu sont ceux qui se retrouveraient avec du personnel, ils sont donc obligés de faire ce travail eux-mêmes avec les moyens qu’ils se donnent. Vous voyez qu’en ce moment, on n’a pas de matériel roulant et c’est un problème qui s’est posé au Nord, selon les informations qui nous sont parvenues. Quand vous voulez aller sur le terrain, il vous faut louer des véhicules qui ne sont toujours pas adaptés, les moteurs qui tombent en panne, les roues qui crèvent etc. vous savez surtout que le MINAC, en terme de moyen n’est pas le plus nanti, nous sommes d’ailleurs l’un des derniers budgets. Nous faisons avec les moyens que nous avons tout en faisant ressortir les problèmes que nous rencontrons sur le terrain, pour que la hiérarchie sache effectivement ce qui marche et ce qui ne marche pas. Malgré tout, elle est au courant des difficultés que nous avons à faire ce travail, qui parfois est très important pour le développement de notre patrimoine culturel.

LEGIDEON :Nouveau patron de la délégation régionale des arts et culture du sud, quelles sont réellement les difficultés que vous rencontrez ?

MONSIEUR LE DELEGUE : Les difficultés sont essentiellement celles que je viens d’énumérer en ce qui concerne l’inventaire du patrimoine culturel. Dans nos rapports nous faisons ressortir toutes ces difficultés tout le temps et la hiérarchie est au courant, et nous savons qu’elle a la volonté et le moment venu à la limite des moyens disponibles, ces problèmes seront résolus. Sur le terrain, surtout dans la ville d’Ebolowa ; le public n’a pas toujours l’instinct du suivi par rapport aux activités culturelles, par exemple organiser un vernissage d’une œuvre d’art les gens ne viendront pas, ils ne s’intéressent pas. Toute fois la tendance change ; depuis que je suis là il y a eu 3 cérémonies de dédicace d’ouvrages, et les témoignages que j’ai reçus, font comprendre qu’avant ce n’était pas ça. Donc avec un peu de lobbying qu’on fait, les gens s’intéresseraient. On a organisé un concert de gospel le 20 juin dernier la salle était pleine ; le 21 juin nous avons organisé la journée internationale de la musique au square PaulBiya, les gens sont arrivés. Lors de toutes les fêtes officielles, le gouverneur nous met à contribution pour organiser la partie culturelle, à la fête de la jeunesse, fête du travail, journée internationale de la femme, chaque fois le gouverneur nous met à contribution et nous nous battons pour que le volet culturel ressorte suffisamment.  Nous allons continuer à travailler, à intéresser les gens. Le sud est un très grand vivier de la culture camerounaise, nous avons une très grande fourchette d’auteurs, d’artistes musiciens camerounais qui sont originaires de la région du sud, de très grandes chefferies traditionnelles, des danses patrimoniales, de très grandes richesses du patrimoine culturel camerounais. Là nous sortons, il y a quelques semaines, d’un festival dans la ville d’Ambam département de la Vallée du Ntem, le festival Mvet-oyeng qui a réuni tous les Ekangs qu’il y a ici tout autour  de la zone CEMAC, les 4 pays Ekangs de l’Afrique centrale, le Cameroun, le Gabon, la guinée équatoriale et le CongoBrazzaville. C’est un festival très couru, on a vu des choses qui vraiment sortent de l’ordinaire. Je vous ai parlé ici de la danse Ndzeng qui a émerveillée tout le monde moi c’était la 2e fois que je vois ça. Donc sur le terrain on essaye de faire ce qu’on peut pour que la culture dans la région du sud qui est déjà très vivante continue à écrire ses lettres de noblesse pour qu’on laisse quelque chose à la postérité.

LEGIDEON : Quelles sont les activités avenirs après cette opération qui s’achève ?

MONSIEUR LE DELEGUE : Là nous sommes en pleine préparation de la rentrée culturelle nationale, la 3e édition. Il y a une innovation que le MinistreBIDOUNG KPWATT a apporté, celle qui fixe la rentrée culturelle désormais dans chaque chef-lieu de région, et cette rentrée se tiendra une semaine après la rentrée scolaire de septembre 2019, donc dans un peu plus de deux semaines, la  rentrée culturelle aura donc lieu ici à Ebolowa et nous sommes en pleines préparations, je suis concentrélà-dessus avec mes chefs services qui m’ont déjà fait des propositions de programme. La rentrée culturelle et artistique nationale aura donc lieu à Ebolowa la 2e semaine de la rentrée scolaire.

Et pour comprendre les raisons fondamentales de ce rendez-vous, il s’agit à chaque fois pour cet événement-là de présenter au grand public tout ce qu’on a comme valeurs culturelles dans la région, les artistes musiciens arrivent, les groupes de danse, on commence par la bénédiction  de la cérémonie par les chefs traditionnels. Par la suite, il ya une cérémonie d’ouverture présidée par monsieur le gouverneur suivi d’un carnaval.Il y a une série d’activités culturelles pour cette année. Nous prévoyons de faire après l’ouverture une conférence-débat, une exposition des œuvres d’art tels que des costumes traditionnels, des œuvres d’art, de musique traditionnelle, les tableaux des artistes peintres, etc. il y aura des projections cinématographiques, des ateliers de formation en peinture, en musique… On va faire des petits ateliers pour que les jeunes notamment ou même d’autres amateurs puisse venir apprendre un métier lié à la culture ou à l’art. Il y aura des soirées artistiques ; la rentrée culturelle dure 3 jours et chaque jour il y aura une soirée artistique, il y aura des représentations théâtrales et des excursions qui seront organisées dans les lieux que nous allons choisir. Donc en perspective, nous sommes en préparation de la rentrée culturelle qui aura lieu dans un peu plus de 2 semaines. Après la rentrée culturelle, nous allons participer du 8 au 14 décembre 2019, à la 2e édition du festival des danses et musiques patrimoniales à Yaoundé. Il s’agira pour tous les délégués départementaux d’organiser chacun dans son chef-lieu de département, des présélections des groupes de danses patrimoniales au mois de septembre, ces groupes de danses présélectionnés vont se retrouver à Ebolowa au mois d’octobre pour une sélection régionale que nous allons organiser ici pour qu’à la fin nous partions au festival à Yaoundé avec environ  13 groupes de danses patrimoniales de notre région, région du sud. D’ailleurs toutes les régions procèderont ainsi en dehors de la région du centre.Il y aura également les artisans les gens qui peuvent coudre les costumes traditionnels, ce n’est pas ça qui manque à Ebolowa, je ne sais pas si vous connaissez « l’Obom », cette peau d’arbre qui est utilisée pour confectionner les tenues traditionnelles, nous avons tous ces artisans ici, on sélectionnera certains d’entre eux. On sélectionnera aussi, les fabricants d’instruments de musiques patrimoniales qui vont exposer au festival de musiques et danses patrimoniales à Yaoundé au mois de décembre donc voilà en perspective ce que nous avons devant nous au niveau de la délégation régionale des arts et culture du Sud.

LEGIDEON : Monsieur le Délégué il faut rappeler qu’à la base vous êtes un enseignant de formation qui se retrouve aujourd’hui avec une lourde mission, celle de délégué régional des arts et culture du Sud, plutôt un brillant parcours dans votre gibecière !

MONSIEUR LE DELEGUE : Effectivement, je suis professeur des lycées d’enseignement technique, et j’ai été nommé Délégué Régional des Arts et Culture du sud précisément le 13 novembre 2018.Précédemment délégué départemental des arts et culture pour le compte de l’Océan où j’ai exercé pendant 2 ans. Parlant de ma carrière d’enseignant, j’ai été tour à tour  pendant 10 ans, chef de département au lycée technique de Kribi, surveillant général 2 années durant au lycée technique d’Okola. Je quitte le lycée technique d’Okola, pour occuper les fonctions de directeur du CETIC de Doumaintang à l’Est Cameroun, département du Haut-Nyong, je parviens à garder la même casquette en bénéficiant d’une nouvelle nomination comme directeur au CETIC de WAM GOA à Sa’a où je suis resté 5 ans. Aujourd’hui mes compétences d’enseignant sont convertis dans les services du ministère des arts et culture qui m’a accueilli il y a 3 ans, dans la cuvée des tous premiers délégués départementaux qui ledit ministère a pu mettre en place. Et l’ironie du sort a fait de moi, le délégué régional que je suis aujourd’hui.

LEGIDEON : Nous vous remercions pour votre aimable collaboration qui a permis de situer l’actualité qui anime le volet culturel dans la région du Sud.

MONSIEUR LE DELEGUE : C’est moi qui vous remercie une fois de plus, tout le plaisir est pour moi de savoir que votre action rendra davantage visible les efforts entrepris ici dans la région du Sud en matière d’art et culture.

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