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L’esthétique de Vulgarité des Garçons Vicieux : Mebe Ngo’o n’est qu’une des mains basses Sur le Cameroun
Category :- Editorial Author :- Par Awung Mbecha Editorial 
Posted on March 12, 2019, 1:28 pm

En temps de crise nationale, les patriotes ont coutume de rappeler un passé glorieux pour attiser la fierté du peuple à l’égard de son passé et la nécessité de maintenir la flamme de gloire en vie de manière à la préserver pour les générations actuelles et à venir. L’hymne national camerounais capture cet esprit dans son refrain. Pourtant, lorsque je suis confronté à des moments sombres, je regarde au-delà de la poésie de l’hymne pour essayer de trouver le moment dans le temps que les auteurs de cet hymne patriotique ont qualifié de « Chère Patrie, Terre chérie » qui a existée. Et je n’en trouve aucun. On ne voit que des années de débauche et d’images obscènes d’un gang obscène phallocratique qui violent la nation avec stupeur. Il n’y a pas d’endroit où chanter les chants mélancoliques de la perte, car, s’il pouvait y avoir une base historique sur laquelle nos enfants pourraient chanter, cette fondation aurait été construite immédiatement après l’indépendance en 1960 (pour le Cameroun français) et en 1961 (du Cameroun méridional britannique et de la réunification qui a suivi). Il n’y en a pas car, comme Mongo Beti l’a dit, la notion d’indépendance était un simulacre ; les aspirations d’une grande nation qui émergerait des cendres du colonialisme ont été étouffées par la main vile du néocolonialisme avec la collusion du régime d’Ahidjo et, maintenant, du régime de Biya.


Même quand les Français sont partis en 1960, ils ont gardé une poignée, mais très forte, sur la nation naissante. Cette main méchante, en tirant les ficelles de la marionnette dans les politiques économiques néocoloniales inscrites dans le tristement célèbre traité France-Afrique, laissait la place à la marionnette pour développer un sentiment de non-responsabilité vis-à-vis de la nation, de la population censée être les véritables propriétaires du gouvernement. Malgré le manque de responsabilité de la part de la direction ou de ce que Achilles Mbembe appelle le commandement, il reste que ce dernier doit tirer ou créer un sentiment de légitimité de la population même à qui il n’a aucune obligation de rendre des comptes. Le commandement a ainsi créé un système dans lequel les miettes du gâteau national tombent dans la foule, leur donnant le faux sentiment qu’elles en ont aussi le goût. Ce système est caractérisé par ce que Mbembe appelle l’esthétique de la vulgarité. Le vulgaire fait beau, à la mode, palatabilité ? Une recherche sur Google a révélé les résultats suivants pour vulgarité : « l’état ou la qualité d’être vulgaire. Synonymes : absence de goût, mauvais goût, grossièreté, manque de raffinement, flamboyance, ostentation, excès, somnolence, impétuosité, vigueur, tinsel, kitsch, volume, intensité, dureté ». La richesse des anciens ministres comme Edgar Alain Mebe Ngo’o laisse perplexe devant le manque de retenue grotesque de ceux qui sont supposés guider la nation vers émergence, horizon 2035. Siphonner des milliards de fonds publics dans des comptes bancaires privés et des projets de construction privés ne peut être réalisé que par une main très vile, un esprit antipatriotique complètement inconscient de la continuité.


Quelque chose de vulgaire manque de goût. Il peut être grossier, non raffiné, flamboyant, excessif et flashy. L’esthétique de la vulgarité serait alors le faux sens de la beauté ou de la bienséance que le commandement infuse dans ses excès en pillant la richesse commune à travers la phallocratie ethnique oligarchique en place. De temps en temps, les manchettes de l’actualité sont inondées de références aux excès des hauts responsables du commandement de l’État. La poussière est encore à régler depuis que le Cameroun a perdu le droit d’accueillir la Coupe d’Afrique des Nations 2019 en raison de l’insécurité et de la mauvaise gestion des projets. Il reste encore beaucoup à faire en raison des révélations de la Banque mondiale selon lesquelles les projets au Cameroun sont souvent dépassés dans le budget. En comparant le budget alloué à la construction de stades au Cameroun avec les mêmes projets ailleurs en Afrique, la Banque mondiale a découvert que certains projets au Cameroun coûtaient jusqu’à trois fois plus que ce qu’il en coûte pour exécuter le même projet ailleurs sur le continent. Les Camerounais n’ont toujours pas compris comment une grande partie des anciens membres du gouvernement pourraient tous être emprisonnés. Puis est entré Mebe Ngo’o dans la scène avec son propre drame, avec des récits de ses prétendus détournements, qui ressemblent à des récits d’un glouton mourant voulant manger sa propre part de la nourriture avant que la mort ne l’enlève.


Selon le concept d’Esthétique de la Vulgarité d’Achille Mbembe, il existe un fort penchant pour la transgression de la part des dirigeants (ou des commandants) de la post colonie. La transgression se caractérise par « une tendance à l’excès et au manque de proportion » principalement perpétrée sous la forme de dépenses imprudentes, de repas excessifs et d’une promiscuité sexuelle débridée. D’après Mbembe, la post colonie est consacrée à la virilité inquiète, à l’incontinence. Il manque de frugalité et de sobriété. Selon Mbembe, cet excès constitue le moyen même par lequel les frontières sociales sont transgressées ; c’est-à-dire la suppression des barrières hiérarchiques entre les gouvernés et les gouvernants. La corruption, semble-t-il, est devenue l’organe par lequel les pauvres participent au partage du gâteau national.


Privés de la fourniture d’infrastructures de base et d’une situation leur permettant de fonctionner de manière indépendante, les écumes de la terre ne peuvent que regarder en l’air les visites de leurs frères chanceux dans les couloirs du pouvoir, qui rentrent parfois chez eux avec des sacs de riz et des boîtes de sardines leur donnent le sentiment qu’ils participent eux aussi au partage du gâteau national. Ainsi, la barrière entre les gouvernants et les gouvernés, entre les riches et les pauvres est souvent transgressée au cours de ces échanges.
Cependant, la transgression des barrières n’est pas faite pour un bénéfice mutuel. Il est fait pour exploiter le gouverné au profit du commandement.


Mbembe affirme que « le colonialisme était, dans une large mesure, une façon de discipliner les corps dans le but de mieux les utiliser. La docilité et la productivité allant de pair ». En effet, le régime actuel au Cameroun n’est pas différent d’un régime colonial. Ils ont mis au point différentes méthodes pour discipliner les corps humains et les rendre suffisamment dociles. Ce faisant, ils développent l’approche carotte et tige, mordant et soufflant comme un rat. La loi antiterroriste adoptée sous le prétexte de combattre Boko Haram est devenue un outil universel de lutte contre la dissidence. Sinon, comment Maurice Kamto et certains membres de son parti peuvent-ils être arrêtés dans une manifestation civile et traduits devant un tribunal militaire ? L’État a progressivement remplacé la police par l’armée comme outil de maintien de l’ordre public. Cela, c’est la tige forte du commandement. Mais alors la carotte a toujours été là aussi. Au cours de la période précédant les élections présidentielles au Cameroun d’octobre, la nation et le monde ont assisté avec horreur à la corruption flamboyante d’électeurs en leur offrant du pain et des sardines. Une pratique qui a donné naissance aux termes « Les Sardinards », « Sardaigne » et au mouvement de protestation qui en découle, connu sous le nom de “Brigarde Anti-Sardinard”, qui est actuellement très actif au sein de la diaspora.

La post colonie du Cameroun est devenue tellement corrompue qu’il existe une sorte de beauté sinistre dans la corruption. Le genre de beauté qui rend la poursuite possible. Même si d’autres dégoûtent, il est clair que la corruption a encore beaucoup de chemin à parcourir. Mbembe affirme en effet que « la subordination inconditionnelle de la femme au principe du plaisir masculin reste un pilier de la reproduction du système phallocratique ». Et si cela est vrai, métaphoriquement et littéralement, on peut en conclure que Mebe Ngo’o n’est que l’un des gardiens méprisables de la nation, caressant sans vergogne la « fille » sans défense dont son éducation et élevage leur a été confiés !
 

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